Anniversaire

Giuseppe Taddei

taddei scarpia
@ FAYER

Disparu en 2010, le baryton italien aurait fêté ses 100 ans, le 26 juin. L’occasion de rendre hommage à celui qui demeure l’un des plus grands chanteurs italiens de la deuxième moitié du XXe siècle, aussi à l’aise dans les emplois comiques que tragiques, de Mozart à Puccini, en passant par Rossini, Bizet, Verdi et Tchaïkovski.

Homme affable, débonnaire et bienveillant, Giuseppe Taddei se gardait de toute appréciation à l’endroit de ses confrères. On évitera donc de juger son art à l’aune de telle ou telle autre gloire contemporaine susceptible d’en occulter les mérites propres, pas même à celle d’un Tito Gobbi, son mentor et ami. Il reste que l’époque de la première maturité de l’artiste, dans une Italie d’après-guerre mal remise de la vague néo-vériste, lui préférait l’emphase des prétendus « barytons Verdi », exhibant leurs aigus stentoréens et une virilité vociférante dont il n’avait ni les moyens ni le goût.

Échappant à cette « scuola del muggito » (« école du mugissement ») vilipendée par le critique Rodolfo Celletti, lui qui avait fait ses premiers pas sur la scène lyrique romaine en 1936, en Héraut d’un Lohengrin transalpin sous l’aile de Tullio Serafin, attachait néanmoins, dès 1941, son char à l’étoile du tenorissimo Gigli pour s’ouvrir les portes des studios. Pietro Fléville et Fouquier-Tinville dans Andrea Chénier, chez HMV/EMI, précédèrent ainsi une impressionnante série de gravures en tout genre chez Fonit Cetra, reprises par cette firme à partir des retransmissions de la RAI : La Bohème, Madama Butterfly, Gianni Schicchi, Il -barbiere di Siviglia, Ernani… En ce début des années 1950, la volubilité du buffo côtoyait déjà la parole dramatique verdienne et le lyrisme puccinien, dans ce qui préfigurait l’éclectisme d’un surdoué destiné à une très longue et arborescente carrière.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 118