Rencontres

Carlo Fuortes

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Entré en fonctions le 21 décembre 2013, au moment où l’institution s’enfonçait dans la crise, le surintendant du Teatro dell’Opera a remis le navire à flot : augmentation du nombre de représentations, recettes en hausse… Il explique les raisons de son succès.

Dans quel état avez-vous trouvé la maison lors de votre arrivée, en décembre 2013 ?

Le Teatro dell’Opera était en pleine crise, tant sur le plan financier qu’en termes de management. Le déficit cumulé était important : 30 millions d’euros, dont 12 millions sur la seule année 2013. Et la saison 2013-2014 avait failli ne pas s’ouvrir, le 27 novembre, en raison des menaces de grève pesant sur la nouvelle production d’Ernani, dirigée par Riccardo Muti.

Quelles ont été vos premières décisions ?

Pendant les six premiers mois de l’année 2014, j’ai essayé de faire approuver au personnel un plan d’assainissement, que certains syndicats ont obstinément refusé, en déclenchant des grèves pendant la saison d’été aux Thermes de Caracalla. En septembre, ces conditions de travail détériorées ont conduit Riccardo Muti à renoncer à la nouvelle production d’Aida qui devait ouvrir la saison 2014-2015, ainsi qu’aux Nozze di Figaro prévues ensuite. La crise s’aggravant, il a fallu recourir aux grands moyens. Tirant parti d’une nouvelle loi, le conseil d’administration a pris la décision d’externaliser le fonctionnement de l’Orchestre et du Chœur, ce qui impliquait le licenciement collectif des instrumentistes et des chanteurs. La loi était néanmoins rédigée de telle manière qu’elle laissait aux parties concernées soixante jours pour trouver une solution alternative. Nous l’avons trouvée, le 18 novembre, permettant ainsi au Teatro dell’Opera de repartir sur de nouvelles bases, en réalisant des économies.

Parmi les points de l’accord, figuraient notamment la réduction des primes, une flexibilité accrue, à la fois dans les horaires de travail et la répartition des postes, ainsi qu’un engagement des syndicats à ne pas faire grève, jusqu’au 31 décembre 2016, sur les points finalisés dans le document. Quelles ont été les conséquences immédiates ?

D’abord, une croissance de 30 % de la productivité : 170 représentations en 2015, contre 128 en 2014, opéra et ballet confondus. Ensuite, une augmentation des recettes de billetterie : près de 10 500 000 euros en 2015, contre 7 730 000 l’année précédente. Du coup, nous avons pu augmenter la part de l’autofinancement dans notre budget global, qui s’élève à 54 millions d’euros. En 2013, le cumul billetterie/mécénat représentait moins de 8 millions d’euros. En 2015, il est passé à 14,5 millions !

Ce qui signifie que le montant total des subventions est d’environ 40 millions d’euros…

L’État nous donne environ 20 millions, la Ville 15 millions, les autres collectivités locales environ 5 millions.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 118