Rencontres

Jean- Christophe Keck

Le chef et musicologue français, responsable des éditions critiques d’Offenbach chez Boosey & Hawkes, vient de mettre la main sur des partitions inédites, qui confirment de nombreuses hypothèses émises jusque-là sur le contenu du chef-d’œuvre inachevé du compositeur.

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Comment peut-on encore découvrir des documents inédits sur Les Contes d’Hoffmann ?

Ils proviennent de la famille d’Offenbach, de ses lointains héritiers qui, au gré de successions parfois difficiles, ont reçu différents manuscrits, dont ils ne connaissaient pas toujours la teneur exacte. Cette fois, j’étais à Berlin, où je faisais une conférence. On m’a envoyé un message me signalant l’existence de pièces nouvelles, qu’il fallait identifier. De retour à Paris, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de compléments essentiels pour le Prologue (présenté ici comme « Prélude ») et le premier acte des Contes, celui d’Olympia. En effet, ces deux volumes ont servi aux premières répétitions, avant la création à l’Opéra-Comique, le 10 février 1881. Y figurent la partie chant-piano, de la main d’Offenbach, et les éléments d’orchestration décidés par Guiraud.

Cela change-t-il quelque chose à ce que nous savions déjà ?

Pas sur le fond, véritablement, mais cela justifie de nombreuses hypothèses émises auparavant. La seule réelle nouveauté réside dans quelques mesures du chœur des étudiants. Pour le reste, cette découverte confirme, une fois encore, l’excellent travail effectué, au lendemain de la disparition du compositeur, par son fils Auguste-Jacques et par Ernest Guiraud, chargés de compléter la partition. Tous deux ont offert une belle preuve de respect et de sérieux.

Comment cette découverte s’intègrera-t-elle dans l’édition critique des Contes d’Hoffmann, dont vous avez la charge ?

En 2005, les éditeurs Boosey & Hawkes et Schott se sont entendus pour publier une édition critique des Contes. Elle doit reposer sur un travail effectué en commun avec Michael Kaye, mais nos options ne sont pas toujours les mêmes. Cette dernière découverte – je pense qu’il n’y en aura plus d’autres – devrait logiquement permettre de mener le projet à son terme. Il n’en reste pas moins qu’en 1881, Offenbach n’était plus là pour procéder aux ultimes retouches et que ce n’est pas lui qui a composé effectivement l’Épilogue, resté inachevé au moment de sa mort.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 116