Jeune talent

Eve-Maud Hubeaux

Du 24 mars au 6 avril, la mezzo franco-suisse, qui vient d’aborder Carmen à Klagenfurt, incarne Ursule dans la nouvelle production de Béatrice et Bénédict signée Richard Brunel, dans le cadre de la saison « hors les murs » de la Monnaie.

Saengerin Eve-Maud Hubeaux April 2012 Bild: © Vera Markus v.mar
© VERA MARKUS

« Apprends d’abord un vrai métier ! » : tel est le conseil que les parents d’Eve-Maud Hubeaux lui donnent, quand elle exprime le souhait d’embrasser une carrière de « saltimbanque ». Docile, et consciente qu’avec un bac obtenu à 16 ans, elle est encore trop jeune pour décider de son avenir, l’adolescente s’inscrit en droit, où elle mènera son cursus jusqu’en doctorat.

Dans la famille Hubeaux, la musique est un loisir et doit, de préférence, le rester. Sa pratique n’est qu’un élément de l’éducation, au même titre que celle de la peinture ou de la sculpture. Eve-Maud la découvre dès l’âge de 2 ans, au sein de l’Institut Jaques-Dalcroze, à Genève, où elle est d’abord sensibilisée au rythme, avant de débuter le piano, quatre ans plus tard. Fréquentant une école internationale qui organise, chaque mois, des scènes ouvertes, afin de stimuler la créativité de ses élèves, elle connaît le plaisir des représentations et se souvient avoir été de tous les spectacles.

Découvrant son potentiel vocal, son professeur de piano l’incite à s’orienter dans cette voie. À 13 ans, Eve-Maud se rend donc au Conservatoire de Lausanne, afin d’intégrer une classe de chant. Le jury est sceptique devant cette toute jeune candidate, qui s’accompagne au piano et ne présente aucune œuvre du répertoire classique. Toutefois, Hiroko Kawamichi la choisit et sera son professeur pendant sept ans, de 2001 à 2008.

Avec la soprano d’origine japonaise, Eve-Maud Hubeaux apprend les airs correspondant à sa voix et acquiert une excellente technique, « inculquée au corps au point d’en paraître simple et naturelle ». Parallèlement, elle poursuit sa scolarité par correspondance, avant d’intégrer l’Université de Lausanne, puis celle de Chambéry.

À sa sortie du Conservatoire, elle auditionne pour rejoindre l’Opéra Studio de l’Opéra National du Rhin, où elle travaille avec une autre soprano, Françoise Pollet. C’est cette dernière qui, la première, l’interroge sur la vraie nature de sa voix, sur sa couleur, émancipant la jeune femme des modèles qu’elle imitait inconsciemment. Eve-Maud découvre alors qu’elle est mezzo.

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