Rencontres

Nicola Alaimo

Jusqu’au 4 mars, le baryton italien incarne Bartolo dans la reprise d’Il barbiere di Siviglia, à l’Opéra National de Paris. Grand spécialiste du bel canto de Rossini, Bellini et Donizetti, ce merveilleux chanteur se frotte également avec bonheur à l’univers de Verdi et Massenet.

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Après vos débuts in loco en Fra Melitone dans La forza del destino, en 2011, vous revenez à l’Opéra Bastille pour Bartolo dans Il barbiere di Siviglia. Comment trouvez-vous l’acoustique de la salle ?

Pour nous chanteurs, elle est parfaite, le retour est excellent. Pour les spectateurs, je ne sais pas, mais tous les gens qui me connaissent m’ont dit que la voix passait très bien. Je préfère la sensation procurée par une salle comme celle du Palais Garnier, où j’ai incarné Dandini dans La Cenerentola, en 2012, mais l’acoustique de l’Opéra Bastille ne me pose aucun problème.

Connaissez-vous la production de Damiano Michieletto, créée au Grand Théâtre de Genève, en 2010 et entrée, en 2014, au répertoire de l’Opéra National de Paris ?

Non, mais j’ai déjà travaillé avec Damiano Michieletto lors d’une reprise de sa précédente mise en scène d’Il barbiere di Siviglia, d’ailleurs plutôt extravagante, à Ravenne. J’ai vu quelques photos de la nouvelle en ligne, j’en ai parlé avec lui, et je sais qu’il s’agit d’une production assez physique, avec des escaliers à monter et à descendre… Il va falloir que je m’entraîne un peu, que j’en profite pour maigrir !

Combien de temps resterez-vous à Paris (1) ?

Deux mois, du 6 janvier au 6 mars, avec quatre semaines de répétitions pour dix représentations. C’est beaucoup, mais je pense que c’est nécessaire. Les répétitions sont importantes pour construire un spectacle sans chutes de tension… Par exemple, pour La gazzetta que nous sommes en train de donner à Pesaro, nous avons travaillé pendant un mois, six jours sur sept, sept heures par jour, avec une équipe soudée, et je crois que cela se sent dans le succès que connaît le spectacle.

Dans La gazzetta, Don Pomponio est plus un rôle théâtral que vocal. N’est-ce pas un peu frustrant ?

C’est vrai qu’il n’offre pas à son interprète la possibilité de déployer tout son talent vocal. Mais c’est un personnage extrêmement gratifiant sur le plan scénique, et j’ai toujours pensé qu’un chanteur d’opéra devait être un comédien accompli.

Avant Don Pomponio, Pesaro vous a notamment entendu en Guillaume Tell, en 2013. Préférez-vous les rôles bouffes ou sérieux ?

Je suis né avec le Rossini buffo, puisque j’ai commencé ma carrière en Dandini dans La Cenerentola, en 1997, à l’âge de 19 ans ! J’adore les personnages bouffes, cela me donne de l’énergie de chercher à amuser le public, le faire sourire, le sentir heureux. Ma nature profonde me porte donc plus spontanément vers eux, mais les grands rôles dramatiques m’exaltent aussi depuis toujours. Je pense évidemment à Guillaume Tell, à Simon Boccanegra, que j’aborderai dans quelques années, à Iago et Rigoletto, qui m’attirent beaucoup.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 114

(1) Cet entretien a été réalisé à Pesaro, le 12 août 2015.