En coulisse

Peralada

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Beaucoup moins bien dotée en festivals d’art lyrique que d’autres pays européens, l’Espagne en possède tout de même un de stature internationale. Niché au nord de la Catalogne, à quelques kilomètres de la France, il accueille depuis près de trente ans les plus grands noms de l’opéra, de Montserrat Caballé à Juan Diego Florez, en passant par José Carreras, Placido Domingo, Roberto Alagna et Jonas Kaufmann. Sa programmation pour l’été 2015 est, une fois encore, particulièrement alléchante. Si vous êtes las de Bayreuth, Salzbourg ou Vérone, courez à Peralada !

Le lieu est magique : un château médiéval, rénové et embelli au siècle dernier, niché au cœur d’un parc magnifique, à cinq kilomètres de Figueras et moins de quarante de la frontière française – ce qui explique, sans doute, le nombre croissant de spectateurs venus de l’Hexagone. Chaque été, un festival dédié à la musique, à la danse et au théâtre y est organisé ; il s’agit de la plus importante manifestation privée consacrée aux arts lyrique et chorégraphique en Espagne. Carmen Mateu de Suqué, propriétaire du château (elle l’a hérité de son père et y réside une partie de l’année) et présidente du Festival, nous explique, dans un français impeccable, comment tout a commencé.

« Née dans une famille qui adorait la musique, j’ai été bercée par elle depuis mon enfance. Mes parents, qui avaient leur propre loge au Liceu de Barcelone, voyageaient beaucoup – mon père a été ambassadeur d’Espagne à Paris –, ce qui m’a permis, dès mon plus jeune âge, d’assister à des concerts et à des représentations dans le monde entier. Adulte, cette passion ne m’a plus quittée, pour l’opéra surtout, que je place juste devant la danse dans mes préférences. J’adore Puccini, Wagner, le bel canto romantique, le répertoire français aussi. Et je suis amoureuse des voix, celles de ténor en particulier : Placido Domingo, José Carreras, Luciano Pavarotti… et, aujourd’hui, Juan Diego Florez ou Jonas Kaufmann. L’hiver dernier, par exemple, je suis allée au Covent Garden de Londres, avec mes enfants et mes petits-enfants, entendre Kaufmann dans son premier Andrea Chénier. Le Festival est né en 1987. Jusqu’à cette date, nous organisions, mon mari et moi, des « soirées d’été » au château, de manière assez informelle. Un jour, Montserrat Caballé et son frère Carlos, qui était agent artistique, ont avancé l’idée de les transformer en véritable festival. J’ai eu peur au début, mais Montserrat et Carlos m’ont rassurée. Ils nous ont aidés à construire la manifestation, tant sur le plan de la structure juridique et administrative que de la programmation. Je peux dire qu’ils ont été nos anges gardiens ! »

  • Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 108