In Memoriam

Luca Ronconi

L’un des plus grands metteurs en scène du XXe siècle s’est éteint le 21 février dernier, au lendemain d’un ultime triomphe au théâtre parlé, dans Lehman Trilogy de Stefano Massini, au Piccolo Teatro de Milan. Avec plus de quatre-vingts productions d’opéra, Luca Ronconi a également marqué l’histoire de l’art lyrique, ses lectures de Don Carlo à la Scala, de Moïse et Pharaon au Palais Garnier et d’Il viaggio a Reims à Pesaro étant, d’ores et déjà, entrées dans la légende.

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«Interpréter une pièce, c’est d’abord inventer son espace, sa machinerie », avait coutume de dire Luca Ronconi. En apprenant sa disparition, le 21 février dernier, c’est effectivement le premier souvenir qui m’est revenu de ses mises en scène : un extraordinaire sens de l’espace, intime ou monumental, et un goût pour le théâtre « à machines », hérité de la période baroque, qu’il partageait avec ses décorateurs et costumiers favoris (Pier Luigi Pizzi, Margherita Palli, Gianni Quaranta, Carlo Diappi, Vera Marzot, les regrettés Mauro Pagano et Gae Aulenti…).

Le Don Carlo de la Scala, en 1977, le Moïse et Pharaon du Palais Garnier, en 1983, l’Iphigénie en Tauride de Piccinni accueillie par le Châtelet, en 1988, demeurent sur ce plan inoubliables, à l’instar du légendaire Orlando furioso de l’Arioste, créé à Sienne, en 1969 et qui, l’année suivante, révéla le talent de Ronconi au public parisien, dans le cadre hors normes des Halles de Baltard, juste avant leur démolition.

Je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir ce spectacle, mais à en juger par le souvenir qu’il a laissé dans les mémoires, j’imagine à quel point il était exceptionnel – les acteurs se déplaçaient d’un endroit à l’autre dans d’énormes chariots, tout en continuant à jouer.

  • Lire la suite, et l’hommage de Raina Kabaivanska, dans Opéra Magazine numéro 105.